AVEC COMME MODÉRATEURS les Prs B. Plaud (Caen) et A. Sobaszeck (Lille), un symposium a permis à J. Marty (hôpital Henri-Mondor, Créteil) de présenter les arguments pour une meilleure organisation et gestion des équipes en anesthésie-réanimation dans la prévention des risques psychosociaux. En effet, ces risques sont multiples. Ils sont liés notamment à la toxicité des gaz anesthésiques, aux risques de contamination sanguine, à l’exposition aux radiations ionisantes.
En France la santé au travail devient une préoccupation nationale. Les données à prendre en compte sont la morbimortalité des équipes, l’âge de la retraite, les troubles addictifs éventuels, la charge de travail et les difficultés organisationnelles. La réalité du « burn-out », l’épuisement professionnel, est attestée par l’augmentation des demandes de prise en charge quand un programme spécifique est disponible, comme au Québec.
Le stress professionnel, souvent dénié par les médecins eux-mêmes, s’explique davantage par l’érosion de l’autonomie des professionnels de santé, de leurs responsabilités administratives et des conflits vie privée - vie professionnelle, que par les litiges médico-légaux. Les troubles du sommeil majorent ce stress. Ainsi, en anesthésie-réanimation, les risques psychosociaux sont une réalité à ne pas méconnaître, à mesurer et à prendre en compte. Des moyens de gestion peuvent être mis en place. Celle-ci peut faire appel à des techniques psychologiques variées, mises en œuvre individuellement ou en groupe, qui enseignent comment « faire face » (le « coping » des Anglo-saxons).
Une association de magnésium, de calcium et de vitamines.
Au total, la prévention primaire des risques psychosociaux est organisationnelle, les préventions secondaire et tertiaire sont individuelles. Dans ce cadre, l’intensité du stress peut être réduite par une prise en charge précoce avec une association de magnésium, de calcium et de vitamines (Berocca, Bayer Healthcare), selon une étude de F.-A.Allaert (CENBiotech et chaire d’évaluation des allégations de santé du CEREN, groupe ESC Dijon, Bourgogne). Dans ce travail, qui a porté sur 904 « patients de 40±12 ans, le suivi a été d’une durée de 30 jours. Les critères de jugement ont été l’intensité du stress et un auto-questionnaire. Au terme d’un mois de traitement, le score de stress PSM9 (Psychological Stress Measure 9) a diminué de 32±20,6 % (p<0,0001), passant de 45±8 à 30±9,4. Des améliorations importantes ont également été obtenues sur les marqueurs du stress comme la nervosité, l’irritabilité, les troubles mineurs du sommeil ou les palpitations par exemple.
Dr GÉRARD BOZET, Quotidien du médecin, N°8471 du 2 décembre 2008.
D’après le symposium organisé dans le cadre du 50e congrès national de la SFAR avec le soutien de Bayer Healthcare. Palais des Congrès, Paris.