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Si les professionnels des urgences se reposent, vous pouvez dormir tranquille
Palo Alto, le mardi 7 novembre 2006 – Outre le fait que la ville de 62 000 habitants qui l’abrite soit située au cœur du riant état de Californie, l’hôpital de Palo Alto pourrait bien devenir un eldorado pour tous les médecins et infirmières urgentistes du monde. Une étude publiée dans le numéro de novembre de la revue Annals of Emergency Medicine révèle en effet que le Veterans Affairs a institué la « sieste » comme une quasi obligation pour tous les professionnels qui travaillent aux urgences.
24,8 minutes de sommeil…
La mise en place d’un tel programme est directement liée aux résultats d’une étude menée par l’équipe de Steven Howard de l’Université de Stanford, qui confirme combien le repos des urgentistes semble favorable à la santé des patients. Cette étude randomisée a inclus 49 infirmières et praticiens qui devaient travailler trois nuits consécutives aux urgences de 19h30 à 7h30. Le premier groupe ne pouvait bénéficier d’aucun temps de sommeil pendant cette plage de travail tandis que le second groupe s’accordait le luxe d’une sieste de 40 minutes à trois heures du matin. Un enregistrement polysomnographique a confirmé que dans les conditions de l’étude 90 % des personnes « autorisées » à s’assoupir avaient été capables de dormir pendant 24,8 minutes en moyenne.
… ne sont pas inutiles !
L’état de fatigue et le niveau de vigilance de ces infirmières et praticiens étaient mesurés à trois reprises : avant le début de la garde à 18h30, au milieu de la nuit vers 4 heures du matin et à la fin de celle-ci à 7h30. Les tests utilisés consistaient en un exercice de mémorisation, une injection en intraveineuse simulée sur ordinateur et un questionnaire élaboré par la Nasa évaluant leur niveau de confusion, de fatigue, de tension et de vigueur. En outre, à huit heures du matin, les participants se sont prêtés à une simulation de conduite automobile pendant 40 minutes. Les résultats révèlent comment quelques instants de sommeil peuvent être particulièrement profitables : l’ensemble des tests confirme en effet l’avantage de la sieste sur les capacités cognitives et psychomotrices et le niveau de fatigue. Les professionnels du groupe sieste ont ainsi plus rapidement réalisé l’injection en intraveineuse, tandis que leur conduite s’est révélée moins dangereuse que celle de leurs confrères qui avaient été laissés sans repos.
Des données trop optimistes ?
On se souvient qu’en 2003 une étude autrichienne publiée dans la revue Critical Care Medicine s’était révélée rassurante quant au danger du manque de sommeil sur les performances cognitives de onze praticiens urgentistes. Plus complète, cette nouvelle étude semble quelque peu nuancer ces optimistes conclusions.
www.infirmiers.com Par M.P |
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