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Où l’on reparle de l’épuisement professionnel des médecins généralistes
Paris, le lundi 25 février 2008 – Si certains médecins généralistes choisissent de fermer leur cabinet avant que ne sonne l’âge de la retraite, ce n’est pas pour épouser une autre carrière ou pour découvrir les beautés du monde, c’est plus prosaïquement pour échapper à l’épuisement professionnel qui les guette ou qui les a déjà dépassés. Telle est la principale conclusion d’Anne Vega, qui a conduit pour la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) une étude sur : « Les comportements de cessation d’activité des médecins généralistes libéraux ». A l’issue de dizaines d’entretiens menés avec des omnipraticiens ayant décidé de jeter l’éponge, Anne Vega ne peut que mettre en évidence le poids du « burn out ». Ainsi, comparant le profil de certains médecins bienheureux, ayant pris leur retraite l’heure venue, avec celui de praticiens dont l’activité libérale aura cessé précocement, Anne Vega remarque que ces derniers sont « dépassés par l’ampleur des demandes et/ou des problèmes de leurs patientèles ». Elle souligne en outre : « la plupart se sont retrouvés en situation d’épuisement professionnel sans avoir su ajuster leur organisation, anticiper le déroulement de leurs carrières ». Le « burn out » qui pousse à fermer son cabinet touche plus fréquemment les praticiens exerçant dans des « régions peu médicalisées, dans certaines zones rurales ou dans des banlieues difficiles par exemple » observe encore l’auteur. Au-delà de cette présentation, Anne Vega ne cesse, tout au long de son rapport, d’insister sur le fait qu’en « plus de difficultés propres au travail en secteur libéral (…), l’étude confirme d’abord l’importance des ruptures familiales, mais aussi des ruptures de santé (…) et de la fatigue, de l’usure professionnelle chez les enquêtés ».
Suicides, divorces…
Confortés par les conclusions de cette étude, les syndicats n’ont de cesse de manifester leurs inquiétudes quant au ravage de l’épuisement professionnel. Le suicide, au début de l’année, dans le Pas de Calais, d’un médecin généraliste se reprochant une erreur de diagnostic fatale, les aura incités à redoubler leurs messages d’alerte. Alors qu’une étude de l’Union régionale des médecins généralistes d’Ile-de-France en juin 2007 avait révélé que 53 % des médecins libéraux s’estiment en danger face au risque d’épuisement professionnel, le vice président du syndicat MG France, Thierry Le Brun relève pour sa part : « On note de plus en plus de cas de « burn out » et les taux de suicide sont deux fois plus élevés que dans le reste de la population ». Il souligne encore que les « divorces sont plus fréquents ».
Mesures
Face à cette situation et alors que se tiennent actuellement les Etats généraux de l’organisation des soins (EGOS), des mesures sont attendues du ministère de la Santé, notamment pour rompre l’isolement de certains médecins généralistes. Il semble en effet que le lien entre la satisfaction des médecins généralistes et la répartition de ces derniers sur le territoire n’ait plus à être prouvé. Pour Anne Vega, la marge de manœuvre du ministère de la Santé face aux cessations d’activité précoces est faible « à moins de commencer à s’attaquer vraiment à la principale cause de cessation d’activité : le burn-out, c'est-à-dire accompagner, prendre soin, écouter, aider les professionnels ».
www.infirmiers.com Par A.H |
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