Paris, le jeudi 29 mars 2007 – Le catastrophisme est un trait de caractère que l’on pressent chez le docteur Patrick Pelloux, président de l’Association des médecins urgentistes de France, depuis désormais plusieurs années. A l’heure où était annoncé ce mercredi 28 mars le lancement d’une vaste enquête nationale destinée à mieux connaître l’état de santé des médecins hospitaliers, l’urgentiste de l’hôpital Saint-Antoine (Paris) ne faillit pas à sa réputation. La nécessité de cette consultation semble se révéler en effet impérieuse aux yeux du docteur Pelloux qui aspire à la dénonciation de l’enfer ignoré des médecins hospitaliers et notamment des « tabous sur le taux de suicide des praticiens, les avortements spontanés chez les femmes (…) les collèges qui se tuent en voiture en sortant de garde ou la hausse des arrêts de travail pour dépression ».
40 000 praticiens d’ici le mois de septembre
Sans préjuger des résultats d’une étude qui révélera peut-être avec surprise que les praticiens ne sont pas si malheureux et tout en souriant devant l’emphase du docteur Pelloux, il convient de ne pas jeter le discrédit sur une initiative ambitieuse. L’Intersyndicat national des praticiens hospitaliers (INPH) et la Confédération des praticiens des hôpitaux (CPH) ont en effet décidé de lancer une vaste enquête sur la santé et les conditions de travail des 90 000 médecins hospitaliers que compte la France. Directrice scientifique de l’étude « Santé et satisfaction des médecins au travail » (SESMAT), Madeleine Estryn-Behar espère « cibler 40 000 praticiens d’ici le mois de septembre ».
Produits toxiques, tâches pénibles physiquement, qualité du sommeil…
Composée de neuf parties, cette enquête de vingt-trois pages tend d’abord à définir l’environnement de travail du praticien et de connaître sa formation, avant de s’intéresser aux conditions générales de son activité. Dans ce premier volet, non spécifiquement consacré à la santé, certaines questions permettent cependant de préciser les cas d’exposition à des produits toxiques, la fréquence de certaines tâches physiquement difficiles et l’influence des horaires de travail sur la qualité du sommeil. Enfin, après un chapitre dédié à « l’ambiance », la dernière partie s’intéresse longuement à la santé des praticiens.
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